Loir-et-Cher, quelle attractivité ?

 

On  définit souvent l'attractivité d'un territoire  comme sa capacité à attirer de nouvelles activités ou de nouvelles ressources.
Celles-ci peuvent-être de nature résidentielle
-    Arrivée de nouveaux habitants y compris de retraités qui font bénéficier le territoire de leurs revenus
-    Dans la même logique, les résidents qui travaillent à l’extérieur (navetteurs) et vont capter des ressources dont ils feront bénéficier le territoire
-    On y ajoute aussi les touristes ou personnes de passage, qui font bénéficier le territoire de ressources supplémentaires. On parle alors d’attractivité de nature présentielle.
Ces ressources peuvent être aussi de nature productive
-    On mesure souvent cette attractivité par l’évolution de l’emploi, et plus particulièrement par l’emploi de la sphère productive.
-    Laquelle est liée à la capacité à attirer capitaux et investissements, ainsi que des travailleurs qualifiés.

Qu’en est-il pour le Loir-et-Cher ?

 

 

Des arrivées de population qui ne compensent plus les pertes naturelles

Après une longue période de croissance de la population, le Loir-et-Cher accuse une légère baisse de population : 3 000 habitants perdus en 5 ans.
Les décès excèdent désormais très largement les naissances. Mais surtout le moteur de la croissance démographique s’est tari. Le solde migratoire s’est progressivement réduit jusqu’à être désormais très faible voire nul. Le Loir-et-Cher attire toujours de nouveaux habitants, mais ils sont beaucoup moins nombreux, et compensent peu ou tout juste les départs.

Une tendance partagée avec les départementements limitrophes  : aucun ne bénéficie d’un solde migratoire positif ; celui serait nul pour l'Indre-et-Loire et la Sarthe pour la période récente 2016-2019.

Une attractivité résidentielle en baisse…

Celle-ci se traduit de diverses manières qui toutes ont des incidences sur la vie de nos territoires.
•    Arrivée d’actifs de moins en moins nombreux
•    Retraités : un solde excédentaire fortement érodé du fait de départs de plus en plus nombreux
•    Cadres : des départs plus nombreux que les arrivées
•    Jeunes : des départs massifs pour les études et le premier emploi.

...mais certains territoires du Loir-et-Cher restent attractifs à l'image de ceux  sous influence de la métropole d’Orléans, ainsi que le Romorantinais et Monestois et Val de Cher - Controis qui gagnent des ménages avec enfants, des actifs, parfois de façon importante.

Les navetteurs, davantage de sortants que d'entrants

Une double lecture pour ces indicateurs :
-    Vus sous l’angle des revenus disponibles pour le territorie : un point positif
-    Vus sous un autre angle : notre économie insuffisamment attractive, des compétences dont elle ne profite pas.

 Une attractivité touristique qui se renforce...

Une fréquentation touristique en nette progression avec de nombreux nouveaux sites d’intérêt touristique qui ont vu le jour au cours des 15 dernières années ; le nombre des entrées comptabilisées dans les principaux sites, activités et manifestations (5,5 millions) a été multiplié par 1,8 depuis 2018.

 

Le Loir-et-Cher et la  région Centre-Val de Loire à la peine sur longue période

 Qu’en est-il de l’attractivité économique ? Un premier constat tient à la faible, voire très faible dynamique économique depuis le début des années 2000 tant de la région Centre-Val de Loire que du Loir-et-Cher, en comparaison de la France entière, et même de la Province dans son ensemble.

Le volume d’emplois, toutes catégories et tous secteurs confondus, n’a guère évolué dans l’ensemble du périmètre régional. Il a plutôt bien progressé en Loir-et-Cher, de l’après-Matra et jusqu’au début de la crise de 2008 mais l’économie peine depuis lors à reprendre son souffle ; il est proche de son niveau du début 2000.

Une perte d'emplois salariés sur la période récente

Si on se focalise sur les données prenant en compte les tendances les plus récentes (lesquelles sont plutôt positives pour nos territoires), relatives à l’emploi salarié privé non agricole (qui ne reflètent pas la totalité de l’emploi mais en constituent une partie très importante et sont un bon indicateur de la vitalité des entreprises)…
Sur la période 2010-2018 : le Loir-et-Cher perd 2 800 emplois salariés (- 3,5 %). Alors que le 37 et 45 en gagnent et que les pertes sont importantes dans le 36 et 18. La géographie des pertes et gains d’emplois est très semblable à celle vue précédemment sur l’évolution démographique.

Ce bilan négatif de l’emploi du secteur privé appelle quelques remarques :
-    Beaucoup de pertes dans l’industrie, dans des activités confrontées partout à des réductions d’effectifs (comme l’automobile), et qui tient en grande partie au profil économique de notre territoire. La moitié des pertes concentrées à Blois.
-    Des pertes importantes dans la construction, confrontée à un effondrement des projets, nettement plus marqué localement.
-    Lente érosion du commerce
-    Mais surtout moindre propension des services à créer des emplois, alors que c’est le principal moteur de la croissance dans de nombreux territoires. + 4,2 % pour le Loir-et-Cher, mais + 10,3 % en France. 

Qu’en est-il des pôles d’emploi du Loir-et-Cher ?

Quelques communes bénéficient d’une croissance importante sur la période, comptant pour quelques-unes parmi les plus importantes observées dans la région : Controis-en-Sologne, Mer, Romorantin, Mont-près-Chambord et dans une moindre mesure Vendôme. A elles 5 elles totalisent plus de 2 000 emplois salariés supplémentaires…
En sens inverse quelques pôles affichent des bilans négatifs parfois marqués (de 150 à 250 emplois salariés perdus chacun) en vallée du Cher ou en Sologne, à Saint-Aignan, Selles-sur-Cher, Salbris, Nouan-le-Fuzelier (pour ces 3 derniers perte d’un cinquième de leurs effectifs salariés privés non agricoles).
Mais les pertes les plus importantes sont concentrées sur la commune de Blois qui perd à elle seule près de 3 900 emplois salariés en 10 ans (- 16,7 %), les autres communes de son unité urbaine ou de son aire urbaine bénéficiant en revanche de créations nettes d’emplois.

Implantation d’activités nouvelles

 Les années 2010-2015 marquent un répit dans les projets d’implantation ou d’extension des entreprises, comme on peut le percevoir à travers les surfaces commercialisées : 21 ha en moyenne par an durant cette période, contre environ 40 ha dans les années 2000 depuis 2016.
Au cours de cette décennie, quelques communes, disposant de réserves foncières importantes, se sont  néanmoins révélées attractives : Contres, Mer, Vendôme et Romorantin.

Sans surprise ce sont aussi ces pôles qui, s’appuyant sur des entreprises implantées récemment et en phase d’expansion, ont créé le plus d’emplois.

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